AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 [SOS Apocalypse] • Teaser • Bas de page

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Ladicius
~ Reine des Banquets de Nains ~
avatar

Messages : 2371
Date d'inscription : 18/07/2012
Age : 25
Localisation : Angoulême (16)

MessageSujet: [SOS Apocalypse] • Teaser • Bas de page   Sam 28 Juil - 4:08








• SOS APOCALYPSE •









Le fantôme de mémé dans le grenier ? Les taupes-zombies,le retour ? Possession du prof de maths ? Satan,ou le poivrot du coin qui veut votre âme ? Pas de problème ! S.O.S Apocalypse,nous sommes là pour vous aider (après les cours),moyennant rétribution (jeux PC,bonbons,et cartes pokémon acceptés),garanti sans (trop) de casse.









Comme annoncé lors de la (ré)apparition de mon K-Doll Karon,Ghost,voici enfin le projet sur lequel je travaille depuis quelques temps !
Je me lance dans un nouveau genre de story ; la nouvelle ! Illustrée de temps à autres,par les photos des dolls qui incarnent les personnages de ce nouvel univers.Comme il s'agit principalement de texte,j'ai pris la décision de migrer hors du forum,pour installer ma story ici :






SOS Apocalypse








Je ne ferai qu'une update toutes les deux semaines,étant donné le travail que ça représente & le fait que j'ai d'autres petits mondes à gérer.Je ne posterai QUE sur le blog,ce topic-ci sera exclusivement consacré aux photos.Néanmoins,petite exception pour ce soir,puisque je poste le préface + le premier post.





Enjoy ^w^











Plop !

Ici la DreamTeam aux commandes. Notre projet mondial est lancé, ça y est, préparez-vous à en prendre plein vos mirettes ! Pour commencer, je me présente, celle qui vous parle, la graaaaaaaannnnnde Captain Geekette de… WTF !!!




Okay… Mon frère avait coupé l’ali du PC, jusqu’à ce que je jure de ne plus écrire de conneries – et que je signe un contrat papier.

Bref, reprenons ; Je suis Madoka, employée volontaire et secrétaire de « SOS Apocalypse ». Comme vous avez dû voir dans le descriptif, on est une sorte de boîte, qui dératise/nettoie le surnaturel qui vous gâche la vie au quotidien. On a de l’expérience, et on est tout-terrain. Depuis l’exorcisme du fantôme de mémé, y’a trois ans, jusqu’à l’anéantissement d’une bonne centaine de zombies, le mois dernier, on en a vu des vertes et des pas mûres !

Ce blog – administré par moi – est un moyen pour promouvoir notre société, et surtout, pour se défouler ! ( et ça,c’est la vraie raison. La première, c’est celle que j’ai vendue à mon frère, le « leader » de notre petite entreprise)
Le blog sera mis à jour une fois toutes les deux semaines, si je n’ai pas trop la flemme. C’est moi qui m’occupe de la mise en page, mais raconter la mission « sensible » de la semaine revient aussi aux autres, c’est plus intéressant, ce sera un peu chacun son tour, au gré des envies (et puis je suis en train d’apprendre à deux de mes confrères à se servir d’un clavier, ça leur fera du bien.)

Bref, histoire que vous ne soyez pas trop paumés, je vais glisser ci-dessous un petit descriptif de chacun d’entre nous, c’est toujours utile – et bien fendard, vu que c’est moi qui m’en suis occupé.
On est une équipe de six membres, oui, c’est peu, mais on travaille vite et bien. La grande partie des effectifs n’est pas majeures, CERTES, mais c’est pas grave, on travaille vite et bien.
On est un peu bizarres, et on a des méthodes de travail assez cheloues aussi, voir carrément cintrées, mais c’est PAS GRAVE, on travaille VITE et BIEN.




Ah oui, au fait ; si un quelconque troll ou poltergeist vient vous casser les grelots, surtout, n’hésitez pas ; appelez SOS Apocalypse !










• Personnages principaux •
















Nom : Ghost
Âge : 17 ans
Moule : K-Doll Karon
Spécialité : Médium



Descriptif :



Ce mec, je crois bien qu’il a été porte-manteau, dans une autre vie. Et encore, un porte-manteau, c’est moins discret.
Ghost, c’est… Ghost. Il ne parle presque pas. Il ne mange presque pas. Et il ne cille… Pas.
En fait, il est flippant vu comme ça, mais quand on le connaît, c’est une crème. Une crème blafarde et tellement noire,surtout les tifs et les yeux, qu’on la dirait à moitié cramée, certes, mais une crème quand même.
Mais je le reconnais, sans Ghost, on se serait pas grand-chose. C’est notre radar, et notre arme secrète ; c’est une sorte de medium, enfin, il refuse qu’on l’appelle comme ça. Pour tout dire, c’est… Compliqué. Il voit ce qu’on ne peut pas voir, et capte des fréquences inhumaines, que personne d’autre n’est censé entendre. Oui, ça a l’air cool comme ça, ça fait très « super héros Marvel » mais ne vous y trompez pas. Ce mec vit l’enfer. Voir et entendre les morts, ça ne vous rend pas la vie rose.
Mais chut… Faut pas dire du mal du béguin de mon frère, n’est-ce paaaaas ? /mode petite sœur garce *off*








(Euuuh,moi,ma photo,je la mettrai plus tard >.>)



Nom : Madoka
Âge : 14 ans
Moule : Dikadoll Yolanda
Spécialités : Fouinage,informations,cartographie,entretien de l’électronique (Geekette)
Divers : Petite soeur de Christabel



Descriptif :



The futur queen of the world, qui d’autre ? Cool
Ouais, c’est pas crédible, je sais. Surtout quand on sait que je passe pour une cintrée au bahut, hm bref.
Donc, moi, je suis ; une geekette, à un niveau tellement avancé que je suis un cas désespéré.
Pourquoi cette entrée en matière ? Simple. Si j’étais une quiche en informatique, JAMAIS mon grand frère ne m’aurait laissée squatter le QG, puis intégrer l’équipe, sous prétexte que c’est « trop dangereux. » Pfeuh !
Mais je me suis taillée une place, c’est moi qui supervise les opérations, établi les trajets lors des « sorties commando » via GPS, comme on aime dire, et qui gère tout le matos électronique. Oui, ça paye pas de mine, mais c’est utile.
Et, vu que je suis encore une « gamine », toujours selon mon grand frère, personne n’irait deviner que je pratique des activités quasiment illégales à fort taux de risques, et de mortalité.



Ouais, comme ça, ça pète, mais c’est juste une manière cool de dire qu’en fait, quand ils ont besoin d’une couverture innocente, c’est bibi qui s’y colle.














Nom : Christabel
Âge : 22 ans
Moule : Migidoll Miho
Spécialités : gestion de la société,intervention musclées (Leader)
Divers : Grand frère de Madoka


Descriptif :


Lui, c’est mon grand frère o//
Enfin, demi-frère. Ma mère était japonaise, et la sienne est internée.
Il a pas eu de chance, papa l’a appelé Christabel donc, nous, on dit Christ.
Je passe le plus clair de mon temps à l’emmerder, faut dire que c’est une bonne pâte, mais bon, j’laime quand même.
Christ, il a pas eu la vie bien facile, c’est d’ailleurs ça qui, de fil en aiguille, l’a amené à monter cette petite équipe de « SOS Apocalypse », mais il vous expliquera ça lui-même.
Mon frère, c’est le style sec et nerveux. Il ne paye pas de mine, comme ça, mais une bonne patate de sa part, et vous décollez. Question sensitif, il se débrouille pas mal non plus, il a un don embryonnaire bien utile, qui lui permet de pister le fantôme, la sorcière, et toute autre saloperie à qui il se fait ensuite un plaisir de botter le train. En fait, il déteste tellement les bestioles surnaturelles, c’est ça qui lui donne la force de faire ce boulot ingrat et dangereux.
Mais bon ; si je vous dis pourquoi tout de suite, j’vais me faire priver de sortie >.>















Nom : BigBang/Badaboom
Âge : Indéfinissable
Moule : Noble Dolls Rhubarbe
Spécialité : Faire boum. (Artificier)



Descriptif :



Elle,c’est ma seconde meilleure copine ^w^ (je vous ai dit que j’étais considérée comme une cintrée au bahut,rappellez-vous)
En fait, à la base, c’était un genre de bestiole, affiliée aux gobelins et autres mini trolls, qu’on devait éliminer. Mais, étant donné qu’elle n’a pas une once de méchanceté entre la tête et les pieds, on a un peu hésité… Et beaucoup moins quand elle a demandé à Christ – qui avait quand même son flingue spécial nuisibles surnaturels braqué sur elle – si elle pouvait boire du coca et regarder un clip de « C.U.T.E. » à la télé, en tant que dernière volonté.
Mais ce qui a VRAIMENT fait pencher la balance en sa faveur, c’est son don, inné et inouï, en matière de pyrotechnie. Sa grande passion, dans la vie, ce sont les trucs qui explosent/ qui mettent le feu. C’est aussi pour ça qu’on lui a formellement interdit de confectionner le moindre gâteau d’anniversaire, mais c’est une autre histoire.
Bref, BigBang est la seule « nuisible » à avoir intégré SOS Apocalypse. Il faut dire qu’elle est bien utile, et puis que, bon, elle amène souvent de la bonne humeur quand on en manque.
Après, la nourrir au charbon, ça pose parfois quelques petits problèmes, mais on s’y fait !















Nom : Leonel
Âge : 13 ans
Moule : Kid Delf Bory
Spécialité : Exorciste
Divers : Cousin de Madoka et de Christabel






Descriptif :

Mon petit frère de cœur ! En réalité, c’est notre cousin, à Christ et moi. Un cousin éloigné, qu’on a pratiquement sauvé d’une vie abrutissante et misérable.
J’explique : la branche de la famille, de laquelle il vient, est en fait un très, très vieil ordre religieux, qui descend directement du Moyen Âge de chez les péquaures,donc.
Cet ordre religieux, à la base, a été créé dans le but de « contrer et d’éradiquer les suppôts de Satan, et les esprits malins. » Ils ont connu leur heure de gloire aux temps des cathédrales, certes, mais de nos jours, l’ordre est passablement en extinction, et vit caché, étant donné que, à part peut-être Nyan Cat ou Bob l’Eponge, y’a pas vraiment d’esprits maléfiques à chasser, pensent-ils…
Mais ils se trompent. Ou plutôt, se voilent la face. Le clan, de nos jours, est dirigé par un petit concile hyper conservateur, qui veut protéger son héritage et ses techniques, sous la couverture de « le monde n’a plus besoin de nous ». Donc, au lieu d’aider à nettoyer la planète – et là, je parle des poubelles de l’Enfer - ils se cloîtrent dans leurs vieux châteaux, et ne font profiter de leurs dons à personne. C’est ce qui attendait Leonel ; après avoir été formé en bonne et dûe forme, il était censé passer le reste de sa vie à bailler aux corneilles, à calquer son mode de vie sur celui de ses glorieux ancêtres, et à enseigner un jour, à son tour, les techniques d’exorcisme et de magie blanche.
Vous pensez bien qu’on l’a embarqué !
De toute façon, Leonel posait des problèmes au clan. Le truc, c’est que, Leonel, c’est un bourrin déguisé en brindille, un bazooka planqué dans un ours en peluche. Il est petit, tout timide, mais son don est anormalement développé. Christ dit parfois qu’il serait capable d’exorciser Satan lui-même, et pour de bon, et je le crois sans problème. Le clan en avait peur, ils craignaient de ne pas pouvoir contrôler, ou garder cachée, une telle puissance. Alors, Leonel est venu avec nous. Malheureusement, son éducation « catho-fanatique » a laissé quelques séquelles, il s’adapte difficilement au monde moderne – je vous raconte pas sa tête quand j’ai essayé de lui expliquer le fonctionnement d’un ordi, juste épique – mais il est adorable.
Bon, c’est quand même une arme de destruction massive en matière d’exorcisme, hein, mais n’empêche, il est cromeugnon >w<
















Nom : Ombeline
Âge : 16 ans
Moule : Rosette Doll Muse Fir
Spécialité : Grosse tête (Rat de Bibiothèque)



Descriptif :

Ma meilleure amie ! o//
Bon, allons-y pour le gros cliché ; Ombeline, c’est la gothique de service. Non, je ne la compare pas une cathédrale !
En fait, on sous-estime beaucoup trop les adeptes de ce mouvement, car beaucoup d’entre eux ont des connaissances extrêmement étendues dans le domaine du paranormal, en plus d’être dotés d’une grande sensibilité « mélancho-romantique », toujours classe, ce qui, vous vous en doutez, est bien utile chez SOS Apocalypse.
Au début, d’ailleurs, Ombeline n’était pas bien chaude pour nous rejoindre, étant donné son manque de confiance en elle flagrant, et sa timidité maladive. C’est moi qui ai parlé d’elle à mon frère – c’est lui qui gère les nouvelles recrues – en mettant en avant le fait que c’était une vraie base de données, à propos du surnaturel, sur pattes. Et, chose incroyable, on s’est ensuite rendue compte qu’Ombeline est une descendante directe de l’une des sorcières ayant vécu à Salem – et d’une vraie. Certes, elle n’est pas aussi puissante que son ancêtre, mais ça ne l’empêche pas d’envoyer du cake en face des bestioles qu’on traque. En fait, ce qui est marrant avec Ombeline, qui est douce comme un agneau la plupart du temps, c’est qu’elle est surtout puissante quand elle se fout en rogne, un peu comme si elle relâchait d’un coup toutes ses frustrations passées sous silence, depuis le « pourquoi ce qu’on mange à la cantine c’est dégueulasse » jusqu’à « j’ai pas demandé à naître » ! On s’en est aperçu quand une sorcière, en plein affrontement, s’était payé sa fiole en lui balançant qu’elle était mal fringuée – Ombeline est TRES susceptible sur ses goûts vestimentaires. Vu ce qu’il reste de la sorcière, maintenant, on a bien compris qu’il fallait mieux ne pas trop l’emmerder !









_________________


[At Home]  - [Page Facebook] - FlickR
Commission Maquillage • L'Artelier,le blog (02/12)

However,it doesn't matter how strong is your love...The deads have to stay dead...
Revenir en haut Aller en bas
http://none-can-die.blogspot.fr/?zx=5d403934fa6a764a
Ladicius
~ Reine des Banquets de Nains ~
avatar

Messages : 2371
Date d'inscription : 18/07/2012
Age : 25
Localisation : Angoulême (16)

MessageSujet: Re: [SOS Apocalypse] • Teaser • Bas de page   Sam 28 Juil - 4:08






Mauvais Calcul






























Bon, pour ce premier vrai post, je ne vais pas vous raconter notre toute première mission – bah oui, ce serai trop simple. Et puis, vu que ça a quand même été un bronx assez impressionnant, j’attends de m’en souvenir en détails – et de surmonter ma honte – pour espérer un jour l’écrire. Bref.
Non, ce soir, je vais vous en conter une qui, à la réflexion, m’a bien plu. Pourquoi ? Parce qu’elle est restée dans nos annales, quand même, et que surtout, elle m’a donné une excuse en or pour claironner que les profs de maths n’ont pas d’âme, et que, jamais, JAMAIS, il ne faut leur faire confiance.
( Je suis désolée pour les profs de maths normaux, si tant est qu’il en existe réellement, qui liront ce billet. Ce n’est pas contre vous, hein, mais que voulez-vous, ici, on a jamais eu de chance avec vos collègues, il faut croire que c’est le karma.)







Tout ce bazar a commencé un lundi, au lycée, le jour de la rentrée après les vacances de Noël.
Je précise tout de suite ; oui, j’ai sauté une classe, je suis en seconde alors que je n’ai que quatorze ans. Ce qui est quand même avantageux, c’est que je suis dans le même établissement que Ghost, sous-doué notoire en matière de technologie. Quand un ordre de mission tombe, ou qu’il y a un problème, c’est bien plus simple pour le mettre au courant, que d’attendre qu’il parvienne à lire un SMS.
Donc, ce lundi, les premières, dont Ombeline fait partie, et les terminales Littéraires, ont eu la surprise de voir débarquer un nouveau prof de maths. Enfin, ils s’en doutaient quand même, vu que le précédent était parti en congé maladie pour cause de dépression (les L sont vraiment des quiches en maths, il faut croire) mais de là à deviner que ce serait CE prof-là qui débarquerai, aucune chance.
Moi qui n’ait que quelques amis au lycée, tous en première ou en terminale L, comme Ghost, très vite je n’ai plus eu l’occasion d’en placer une, aux repas de midi, tant ils étaient occupés à pourrir le nouveau prof, mais alors, méchamment. Au début, je n’y ai pas fait gaffe ; les élèves qui détestent les profs, c’est normal. Et les élèves qui détestent les profs de maths, ça relève juste du pléonasme.
Mais quand même, au bout de trois semaines, j’ai commencé à me poser des questions, surtout que mes amis, pour la plupart, se faisaient systématiquement mettre une heure de retenue par ledit prof, chaque semaine. Et à chaque fois, à la même heure, au même endroit, et tous en même temps…







- Alors, on va au ciné, ce soir ? J'ai tapé 10€ au frangin, faut profiter !

Ombeline me regarde d’un air las. La vache, cette fois, en plus du maquillage noir habituel, elle a de sacrées cernes, à croire qu’elle occupe ses nuits à faire du sabbat.

- Je ne peux pas… Je suis en colle, ce soir, après les cours.
- Toi ? En colle ? Attends… mais c’est la deuxième fois, en plus, non ?

Ombeline acquiesce mollement, écarte son plateau repas auquel elle a à peine touché, et commence à rassembler ses affaires.

- On croule sous les devoirs, en maths, et avec ceux des autres matières, si je voulais tout finir, il faudrait faire des nuits blanches. Mais à chaque fois je m’endors, et… Le prof nous colle, si on ne termine pas tout.
- Ben… il doit coller toute la classe, non ?
- Presque, me répond-elle tristement. Je te laisse, j’ai cours avec lui, justement…

Je la regarde s’éloigner, d’un pas traînant, et toute voûtée sous son sac noir peinturluré de signes cabalistiques, pensive. Ombeline n’a jamais été une grande sanguine, mais là, elle est carrément apathique. Heureusement, SOS Apocalypse est calme, en ce moment. Mais peut-être que je devrais demander à Christ de la dispenser de quelques prochaines missions, le temps que ça se calme, côté cours…
Je mâchonne sans y penser mes dernières frites. Avec qui je vais aller au ciné, moi ? Les films d’horreur, seule, ce n’est pas marrant. Christ n’aura pas le temps, BigBang va plutôt s’intéresser au projecteur, pas au film, Leonel a peur de tout ce qui bouge sur un écran, et Ghost… Les films d’horreur lui semblent tellement fades, face à la réalité, qu’il va à coup sûr s’endormir devant. Pfff.







- Où est-ce qu’elle est, Ombeline ?

Je soupire, affalée dans le vieux canapé du QG, qui a probablement fait la guerre du Golf vu son état, mais qui reste quand même mon perchoir préféré.

- En colle… Encore…

Christ, qui bricole à sa moto, au fond du local, se relève et essuie ses mains pleines de cambouis sur son tablier râpé.

- Eh… Elle s’est mise à fumer du crack dans les WC, ou à répondre aux profs, ou quoi ? C’est pas du tout le genre à se faire coller…
- Même si elle est à moitié noctambule, elle a dû mal à gérer tout son travail scolaire, et le nouveau prof de maths des L est un sadique, il colle si les devoirs ne sont pas terminés de A à Z.
- Je confirme… Répond doucement Ghost, couché sur le plaid du « coin détente » du QG, là où on met les coussins, les BD, et la machine à café/chocolat, pour quand les impératifs d’SOS Apocalypse nous forcent à rester sur place.
Avec application, Ghost tourne la page de l’un de ses comics préféré, caressant presque religieusement le papier glacé de l’un de ses doigts squelettiques à l’ongle vernis en noir, puis reprend tranquillement la parole :
- Mais ce qui est bizarre… C’est qu’il donne vraiment beaucoup trop de travail, bien plus que nécessaire… Et qu’il est content à l’avance de savoir que la moitié de la classe n’aura ni le temps, ni l’énergie de tout faire, on dirait.
Dans son petit coin, Christ hausse les épaules.

- Les profs sadiques, on connaît. Ou alors, c’est parce que le dirlo met la pression pour les résultats du bac, c’est tout. Ce n’est pas si difficile, puisque toi, tu as le temps de tout faire ET de glander ?
- J’aime les maths,moi, se borne à répondre Ghost, avant de ne plus s’intéresser qu’à ses super-héros.
En fait, la vrai bonne réponse, ça aurait été « je suis une calculatrice humaine dont l’une des grandes passions est de résoudre des équations à la vitesse de la lumière, souvent et partout, là où d’autres font des mots croisés pour s’occuper » mais je ne relève pas. Hormis son don de medium, Ghost n’a jamais l’air de comprendre qu’il possède des capacités que beaucoup, beaucoup d’autres gens n’ont pas. Et on le changera pas !

- Et toi, Mady… Tu n’as pas de devoirs ? demande mon frère, suspicieux, avant de pester quand un écrou lui reste dans la main.
- Nan. J’ai tout fait. Je ne devrais même pas être là, mais y’a personne pour aller au ciné avec moi.
- Demande à BigBang ?
- Tu sais bien qu’elle est, euh… Difficilement sortable en société.
- Je préfère te savoir en train de l’engueuler dehors ou de lui courir après que de te voir larver ici, au moins, ça te fera faire de l’exercice.

Je pousse un gros soupir, mais à la réflexion, okay, je vais prendre l’air. Au moins, s’ils restent seuls, Christ et Ghost auront le temps de se faire des papouilles, ce qui rendra le premier plus détendu, et le second, plus loquace.
Je quitte la pièce principale de notre QG, un garage réaménagé, qui abrite donc le coin détente, près de la porte automatique, avec la bibliothèque ésotérique d’Ombeline, et les BD de Ghost, mon bureau avec mes deux ordis, juste en face, et le coin à Christ, au fond, où dort sa bécane sous une bâche huilée, et où trône son armoire à « matériel », son armurerie perso quoi, lourdement cadenassée et blindée, à laquelle nous n’avons le droit de toucher qu’en cas d’urgence. Présentement, je me dirige vers l’espèce de chambre qu’on a aménagé à la va-vite, c’est principalement celle de BigBang, puisqu’elle n’a que nous et notre toit, mais elle peut servir à tout le monde. Le reste du QG se compose d’une salle de bain microscopique, d’un atelier, qui abrite le bordel de BigBang et une petite chambre noire, d’une cuisine en compétition avec la salle de bain pour le tire de « la plus petite pièce du monde » et d’un petit débarras, où on stocke les trucs qui ont été dangereux/qui doivent restés cachés. L’ensemble du QG est assez miteux, dans le sens où presque rien n’est neuf, sans compter que les murs sont un peu lézardés, et que, sans être en bazar, il n’est pas très bien rangé, mais il est parfaitement opérationnel, bien caché, et c’est tout ce qui compte.
A pas de loup, j’entre dans la piaule. Comme vous avez dû le voir dans le descriptif, BigBang n’est pas humaine, c’est un croisement étrange entre un gremlin, terminator, un troll, et la fée clochette. Ce qu’il en ressort, c’est qu’elle est toute petite – 1,30m à tout péter, haha – et toute mignonne, avec une bouille à faire fondre la banquise, MAIS elle bouffe comme un troll – donc, elle mange n’importe quoi, souvent, avec force bruits – et elle est aussi chiante et bizarre qu’un gremlin, mais sans les poils. Terminator, c’est pour le côté « bionique » ; elle avait déjà le bras gauche bardé de circuits, de plaques d’acier, et de vis, quand on l’a rencontrée. Elle ne nous a jamais raconté toute l’histoire, parce que je pense qu’elle n’en est pas fière ; apparemment, ce qu’il en ressort, c’est qu’un de ses mélanges lui a pété à la figure une fois, ce qui, entre nous, ne m’étonne pas. Bref. Moi, je l’adore, mais des fois, j’ai quand même envie de la balancer par la fenêtre.
Quand j’entre, il ne fait absolument pas noir, étant donné que toute la chambre baigne dans une lumière cheloue dispensée par quatre lampes fluos criardes, et « la chose » roupille en ronflant comme un diesel, sur une pile de couvertures, la bouche grande ouverte, avec un filet de bave au coin des lèvres, sur le dos, les quatre pattes en l’air. JAMAIS je ne l’ai vue dormir normalement.
Je me racle la gorge, et BigBang ouvre un œil globuleux, qui reprend une taille et une couleur normales en quelques secondes. Elle ne bouge pas et me regarde, attendant de voir si ;

1°) Je lui apporte à bouffer
2 °) Je viens l’engueuler
3°) Je viens dormir
4°) Autres (précisez)

- Hey… Je sors un peu. Tu veux v’nir ?

Elle serre ses petits poings, se frotte les yeux, et descend enfin de son perchoir, noyée dans un de mes t-shirt – pourtant, moi aussi je suis naine pour mon âge – en se grattant très élégamment le derrière.

- Mouiiiii… On va manger ?

Un troll, je vous dis !

- Ben…J’ai dix euros à dépenser donc… Fast Food ?

Et là, ses yeux se mettent à briller, et en un clin d’œil, elle est habillée. Enfin, habillée… Fringuer BigBang est difficile. Au vu de ses mensurations, l’habiller avec des habits de petite fille est très pratique, et en plus, tant qu’on ne regarde pas de trop près, elle peut effectivement passer pour ma petite sœur, enfin, si on lui met une manche longue et un gant, pour dissimuler son bras semi-cyborg. Mais BigBang a un côté clocharde qu’elle assume totalement. Elle aime empiler sur son petit corps des couches de vêtements dépareillés abracadabrants, et ce, en n’importe quelle saison, puisque qu’elle ne ressent pas les changements climatiques. La plupart du temps, ça donne le même effet qu’un clodo daltonien qui s’habille après une bonne cuite, ou alors, un clodo cuité qui s’habille dans le noir, au choix.
Là, sur le coup, vu que je ne veux pas me taper la honte, j’insiste pour lui faire enlever ses chiffons, et la faire entrer dans une salopette à carreaux, que j’avais customisée avec des breloques pour lui faire plaisir, des loose-socks, des vieilles basket barbie, un petit bolero en laine à pompons, et des petits gants, de laine eux aussi. Question mode, ça fait un peu peur aussi, mais avec un peu de chance, un croira plutôt que je promène ma petite sœur simplette, plutôt que ma petite sœur résidente à l’année en hôpital psychiatrique. Bref.
On sort, et direction fast-food. Je me paye mon petit menu, et BigBang, elle s’en paye quatre, dont le menu enfant, de sa propre poche. Ma copine a aussi des gènes d’écureuil, vu qu’elle entasse son magot un peu partout et dans des endroits très bien cachés, mais, contrairement au rongeur, elle a une excellente mémoire, et n’a aucun mal à le retrouver en temps et en heure. Par contre, on la soupçonne de nous cacher que la moitié de ce magot est de la fausse monnaie, qu’elle a réussi à fabriquer toute seule, mais qui a une existence limitée dans le temps. Franchement, ça ne m’étonnerai pas que la quasi-totalité des caisses de la ville se soient, un jour, retrouvées remplies de vase/boue/herbe/autre, une fois que la « monnaie » eut repris sa forme originelle…
Sitôt attablée, elle se met à dévorer. J’ai jamais compris où un si petit truc peut stocker autant de nourriture, on dirait un gouffre. Dès que tout a été englouti, elle vérifie que personne ne regarde, parmi des familles bruyantes et des ados léthargiques, et s’enfile aussi TOUS les emballages – d’après elle, c’est plein de vitamines. Elle émet ensuite un rot tonitruant à faire trembler les murs, et je me cache sous mon bonnet, morte de honte. Elle, s’en fout, et se tapote le bide, enfin repue, avec un air satisfait.
Pour me donner contenance, je sors mon portable blindé de strass et de straps, et regarde l’heure.

- Tiens, Ombeline va bientôt sortir de colle, on va l’attendre ?
- Chi tu veux, répond BigBang, occupée à essayer d’enlever un morceau de paille coincé entre ses petites dents avec le coin du plateau en plastique.

Je soupire, et entraîne la bienheureuse ahurie dehors. Sitôt lâchée, elle se met à courir après des pigeons, ce qui fait rire quelques passants, qui pensent avoir affaire à une fillette, avant qu’elle n’arrive à en choper un et ne commence à lui tordre le cou. Je m’empresse de le lui faire lâcher, malgré son « je t’assure, le pigeon AVEC les plumes, c’est très très bon » – et l’entraîne derechef vers le lycée, déjà blasée. Il est à peine dix-neuf heures, c’est quand même hallucinant que la direction ait permit que des élèves soient collés aussi tard. Encore un truc qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille, mais sur le coup, je n’y avais pas pensé… On ne s’attend jamais à ce que quelque chose d’anormal se produise, dans un établissement scolaire.
BigBang et moi nous installâmes sur le petit parapet, juste en face de la sortie, et attendîmes. Comme toujours, je m’amusais de la voir imiter le comportement des autres ados, en l’occurrence, ce soir, assise comme un sac à patates, les mains dans les poches, en faisant semblant de mâchonner un chewing-gum.
Ombeline ne fut pas longue à sortir, mais, là, je m’affolais en la voyant arriver ; entre ce midi et maintenant, on aurait dit que trois nuit blanches séparaient ces deux moments ! Elle semblait épuisée, au-delà de ses limites. Même BigBang avait un air scandalisé. La pauvre Ombeline manqua de nous tomber dans les bras, au sens propre. Pendant que je la soutenais, tandis que BigBang lui glissait deux carrés de sucre piqués je ne sais où dans la bouche, je regardais autour de moi, et fus stupéfaites de voir que TOUS les élèves sortant de colle étaient à peu près dans le même état que mon amie, blafards, apathiques, endormis, déconnectés de la réalité. Visiblement, le surveillant, qui attendait pourtant avec impatience de fermer les grilles, et les quelques parents présents, commençaient à s’en rendre compte, et feraient probablement le nécessaire. BigBang et moi emmenâmes Ombeline, presque dans les vapes, à l’écart, et je m’empressais d’appeler Christ, priant pour qu’il ait fini de retoucher à sa moto – ou à Ghost. Heureusement, c’était le cas, et il vint dare-dare la chercher sur sa bécane ronronnante, nous intimant l’ordre de rentrer à pied aussi vite que possible, et de rassembler tout le monde. Etant donné que Ghost se trouvait déjà au QG, et BigBang avec moi, je passais un coup de fil à la maison – dieu merci, Leonel avait vaincu pour de bon son abjection pour le téléphone depuis un mois – pour qu’il nous rejoigne dare-dare, et nous nous empressâmes de rentrer. Au QG, nous retrouvâmes Ombeline installée sur le canapé, toute crayeuse, Ghost auprès d’elle, qui passait délicatement ses mains son corps, comme une auscultation où le médecin aurait à peine frôlé son patient, très concentré. Leonel, en pyjama, était là lui aussi, assis dans un petit coin, observant, mais ses lèvres bougeaient en silence. Je devinais qu’il était en train de réciter un de ses psaumes favoris, les passant en revue, alors qu’il les connaissait pourtant plus que par cœur ; c’était son échauffement psychologique, dans le cas où il aurait à pratiquer un exorcisme imminent. Mais, pour savoir s’il nous serait ou non utile cette fois-là, nous attentions le verdict de Ghost, qui ne tarda pas à tomber.

- Vampire. Mais pas « le vampire » de base. On a affaire à un…
- …Vampire psychique, complète Christ. Merde, c’est de la saloperie, ça. Mais au moins… Ce n’est pas la catastrophe. J’avais imaginé pire.

Embêtée, je regarde ma meilleure amie, qui a à peine l’air de nous entendre, et qui va probablement s’endormir d’une minute à l’autre. Les vampires psychiques, d’après ce que je sais, ça ne vous pompe pas le sang, mais votre énergie vitale. Pas d’un seul coup, souvent, ils s’amusent à faire durer le plaisir pendant des jours et des jours, à un point que, au final, la victime, même en dormant une semaine, serait toujours aussi faible qu’un nourrisson, avec le cerveau dans le brouillard, et totalement inconsciente de ce qui lui arrive. Et, fatalement, cela mène à la mort, en général. Reste à savoir… Et c’est là que ça fait « tilt ». Si tous les élèves étaient collés en même temps… Beaucoup d’élèves… Même les ados endormis du fast-food étaient des victimes, je parie…

- C’est le prof de maths ! Je beugle.
- Le prof de… Répète Christ. Tu es sûre ? Parce que, je sais que tu déteste les maths, Mady…
Je saute sur mes pieds et me mets à parler très vite, comme une puce énervée.
- Oui, oui, j’en suis sûre ! On t’a dit qu’il collait un max de monde, et TOUS en même temps ! Pourquoi, à ton avis ? Il ne peut pas tuer les élèves un par un sur des semaines, donc, il pompe un bon coup à un maximum de personnes, comme ça, ça lui fait une bonne orgie, sans mettre les vies en danger ; discrétion garantie. En général, tant qu’il n’y a pas de décès, les gens ne voient rien.
- Mais il y a certains élèves qui ont été collés plusieurs fois, objecte Ghost. Ombeline, c’est sa deuxième fois, tu l’as dit tout à l’heure. Donc… Le vampire a les yeux un peu plus gros que le ventre, je crois.
- Ben, on y va, et couic ? Propose aimablement BigBang.
- Non, fait calmement Ghost.

On se tait, et on l’écoute. Habituellement c’est Christ qui prend les décisions importantes, sauf quand ça ne relève vraiment pas de ses compétences , mais quand Ghost parle comme ça, c’est lui qui commande.

- On est pas sûr que c’est le prof, commence lentement Ghost. C’est peut-être juste une victime, ou un complice. Je l’ai en cours, je sais qu’il a une tête de déterré, lui aussi. Paradoxalement, cela peut aussi être une preuve, vu que, si le vampire se nourrit autant, c’est qu’il devait être dans un sale état en arrivant ici. Mais si on se précipite et qu’on se trompe de cible, il va nous échapper. Donc… Je vais me faire coller, et je verrai bien, pendant la colle, qui essaiera de me pomper de l’énergie et de me liquéfier la cervelle.

Je m’apprête à dire que c’est une bonne idée, mais évidemment, ça ne plaît pas du tout à Christ, qui a une sainte horreur que son chéri prenne des risques. Il va protester, mais Ghost l’arrête, en le regardant droit dans les yeux :

- Je ne risque pas grand-chose, à part me faire démasquer. Dans ce cas, il va peut-être flipper en se voyant découvert, et se barrer.
- Et si, au contraire, ça l’énerve ?
- Alors, je lui saute dessus, et vous me rejoignez ?

Christ soupire. C’est vrai que c’est emmerdant, comme situation ; Ghost est le seul d’entre nous à pouvoir déceler le vampire au premier coup d’œil, façon de parler, mais s’il sait se défendre seul face aux esprits et autres revenants, contre les vampires, les sorcières, et tout le tintouin, il n’est pas plus efficace que n’importe qui d’autre de « normal ». Il doit peser cinquante kilos, tout mouillé et habillé, et ses bras sont comparables à des pattes de mouche. Voilà pourquoi, on bosse toujours tous ensemble, parce qu’on est complémentaires, même si certains d’entre nous, parfois, sont vraiment largués sur une mission qui ne relèvent absolument pas de leurs compétences. Au moins, ils peuvent soutenir les autres et être là en cas de problème.
En tout cas, Christ fait salement la tronche, ça se voit qu’il n’aime pas DU TOUT ce plan, mais on a tous apprit à mettre nos griefs ou nos intérêts personnels de côté, dans ce genre de cas de figure. Cela fait partie du travail en équipe…

- Tu sais que tu vas devoir bâcler tes devoirs, et jouer au cancre ? Finit-il par lâcher, lèvres pincées et bras croisés, dans une ultime tentative de le vexer et de le faire changer de tactique.
- Je sais, répond tranquillement Ghost. Je suis sûr que c’est marrant.

Raté, héhé.

- Bon… Soupire Christabel. Comme les colles sont rapides, apparemment… Tu auras la sentence demain, et tu seras probablement collé après- demain. D’ici là, il faudra garder le prof à l’œil…
- Pas la peine, assure Ghost. Je suis sûr que si je l’insulte en plus, il me fera une petite place dans le groupe des collés de demain soir. La direction a l’air de totalement s’en balancer, de toute façon. A moins qu’elle ne soit manipulée aussi.
- Okay… Reprend Christ, en surveillant du coin de l’œil Ombeline, qui a repris quelques couleurs après les bons soins de BigBang, et qui roupille à présent sur le canapé. On ne peut pas compter sur la demoiselle demain soir, dans l’état où elle est. Leonel, on ne va pas avoir besoin de toi non plus, tu peux te détendre. BigBang… Pas besoin de faire sauter quoique ce soit, pour cette fois, on a toujours dit qu’on ne toucherait au lycée qu’en cas de force majeure. Ce qui m’amène à toi, Mady. Demain soir, tu trouves un prétexte pour rester dans le lycée. Ou tu t’enfermes aux WC, peu importe. Tu prendras ton bipeur et, au signal de Ghost, tu te débrouille pour m’ouvrir la grille du lycée, j’attendrai devant. Ensuite, vous sortez tous, et je mets un point final à cette histoire.

Christ a peut-être l’air de se surestimer, comme ça, mais personne ici ne viendrai contester le plan, vu qu’effectivement, mon frère est le plus habilité à distribuer les coups, et à faire le ménage après. Ce n’est pas qu’il est champion d’arts martiaux ou doté d’une puissance surhumaine, malheureusement, c’est simplement parce qu’il a une force suffisante, des réflexes très aiguisés, et qu’il sait se servir à la perfection de toute son artillerie lourde anti-monstres, qu’il garde jalousement et entretient amoureusement. Et puis, bon, c’est aussi le plus résistant. A part lui, on est quasiment tous des crevettes mâtinées de nains, ici…

- Maiiiis, il n’y a vraiment rien que je puisse faire ? demande BigBang, déçue.

Enfin, je sais surtout qu’elle rêve de faire un jour péter les grilles du lycée, depuis la première fois qu’elle les a vues…

- Désolé, BigBang, réplique Christ en allant chercher une vieille carte dans la bibliothèque, avant de la dérouler sur la table basse, juste devant nous. Equipe réduite, demain soir. Toi et Leonel, vous vous occuperez de la pauvre Ombeline, elle en a bien besoin.

Tandis que BigBang grommelle dans sa barbe, Christ, Ghost et moi, on se penche de concert au-dessus de ladite carte. C’est en fait le plan complet du lycée et de ses dépendances, qu’on a subtilisé dans le bureau même de l’architecte, il y a quelques années. Certes, le plan a été raturé, et modifié au fil des travaux récents entrepris par l’administration, mais il nous est toujours très utile – Ombeline et moi, on s’est même amusées à y tracer les trois meilleurs itinéraires, en cas de retard/séchage de cours.

- Où est la salle de retenue employée par le prof ? demande Christ.
- Il lui faut une grande salle à chaque coup, donc, c’est toujours la même, répond Ghost, en tapotant un endroit de la carte.

Je plisse les yeux pour regarder.

- C’est la salle à côté de l’amphi, une des plus grandes. Et comme par hasard, elle est placée pile entre la salle des profs, qui elle est entre cette salle et l’amphi, et la grande issue de secours qui donne sur le parking de l’administration.
- C’est sûr, c’est au poil… marmonne Ghost.
- Okay, fait mon frère. Changement de tactique. Mady, elle est constamment en accès libre, cette sortie de secours, ou ils persistent à la condamner ?
- Je crois qu’ils la ferment à clé depuis qu’ils se sont rendu compte que des élèves non externes passaient par là pour éviter de se faire choper par les pions, je réponds, en oubliant bien sûr de préciser que moi, je l’empruntais pour mes retards intempestifs.
- Alors, c’est cette porte, que tu devras m’ouvrir. Je patienterai sur le parking, dans les bosquets près des poubelles, si ma mémoire est bonne. Tu sais déjà comment tu vas t’organiser, pour ne pas te faire mettre dehors après la fin des cours ?
- J’ai mon idée, frérot…
- Parfait. Maintenant, tout le monde sait ce qu’il a à faire. Ghost, traite ton prof de nazi demain, si tu veux, mais fais-toi coller dare-dare, qu’on en finisse vite !









Le lendemain, à dix-huit heures trente, j’étais pliée en deux au-dessus des toilettes des filles, près de l’amphi. Non, je n’étais pas en train de vomir, je m’étais juste démerdée pour grimper dans le plafonnier, puis dans le conduit d’aération, moyennant un peu d’escalade sur les parois des boxes des toilettes. Je connais l’astuce depuis longtemps ; presque tous les élèves sont amenés, un jour ou l’autre, à se rendre compte que soulever les dalles fines comme du buvard du plafond, c’est un jeu d’enfant, et que ça offre BEAUCOUP de possibilités, pour planquer des trucs, si on est assez grand pour atteindre les interstices, ou pour se planquer soi-même, dans les endroits où il y a de la place, si on est assez petit comme moi. Enfin, de la place, c’est vite dit, si j’étais claustrophobe, je serai déjà en train de hurler à la mort. Au lieu de ça, je suis assise en tailleur, le dos voûté, en train de jouer à Pokémon sur ma vieille Game Boy color en attendant des nouvelles de Ghost, qui est bel est bien en colle. Il est la demie, et je commence un peu à m’inquiéter. Au moment où je commence à envisager de redescendre pour aller me rendre compte moi-même de la situation, mon bipeur me délivre enfin le message « Go » de sa part. C’est parti !
Je range ma Game boy dans la poche ventrale de mon sweat trop large, et je repars pour une petite séance de contorsion pour me sortir de ce trou. J’atterris devant le trône en un temps record, pleine de poussière, mais peu importe. Sachant que la technicienne de surface est déjà venue dans le coin il y a un quart d’heure, plus aucun risque qu’elle ne soit dans les parages directs, mais je sors quand même à pas de loup, avant de me ruer sur la sortie de secours convoitée. Pour ne pas perdre de temps, j’ai profité de la débâcle de dix-huit heures pour aller faucher la clé passe-partout du concierge, directement dans sa loge. Il y a deux mois, on avait notre propre passe, fabriqué à partir de celui du même concierge, mais ils ont refait les serrures par la suite. Faudra que je fasse fabriquer un nouveau double, quand j’aurai le temps.
J’ouvre la porte, et Christ se coule à l’intérieur, concentré. Il a sa veste de cuir, qui est en fait multi-multi poches, ses gants, et ses lunettes de soleil sur la tête, prêtes à l’emploi, pour la phase finale. Contre sa hanche, je sais qu’il a l’arme appropriée à la situation, qu’il ne sortira que lorsqu’il sera sûr de se trouver en présence de la cible, et non d’un témoin gênant.
« Par où ? » articulent ses lèvres silencieusement.
Je l’entraîne avec moi, on longe les murs, sans pour autant avoir l’air trop suspects, au cas où on croiserait quelqu’un. Arrivés devant la salle, je bénis les portes à double battant dotées d’une petite vitre chacune qui permettent de jeter un coup d’œil discret dans la salle. C’est ce que fait Christ, avant de se tourner vers moi et de murmurer :

- Ils sont tous là. Ghost m’a jeté un coup d’œil, il est okay. Par contre, les autres, de dos, on dirait qu’ils pioncent. Il y a un type très mince avec des lunettes, c’est le prof ?
- Ouais. La suite de ton plan ?
- Ghost sait qu’on est là, fais voir ton bipeur.

Je le lui donne ; moins de quinze secondes plus tard, un « ok » s’affiche.

- C’est ce que j’avais convenu avec lui ; ça veut dire que c’est bien le prof, le foutu vampire.

Du menton, Christ me désigne l’alarme incendie.

- A mon signal, tu la déclenche. Il va être forcé de les lâcher, toi et Ghost, vous les évacuez, et moi, je m’en occupe. Vous faites VITE, je ne veux pas de témoins, même dans le gaz. Vu ?
- Vu.

Christ me tapote affectueusement la tête, et va se coller au contre le mur, dégageant le passage, et me fait un signe de la main. Avec un plaisir non dissimulé, j’abats mon poing sur le petit boîtier et, aussitôt, le hurlement de la sirène d’alarme retentit dans tout l’établissement, tandis que je m’écarte, moi aussi, du passage. Mais, au lieu du troupeau d’élèves en furie, évidemment, sortent de la salle de retenue des ados au regard bovins et hébétés, à peine conscient de ce qui se passe. En tête, Ghost, l’air aussi un peu éteint – enfin, plus que d’habitude – qui saute pourtant sur Christ.

- Il a relâché l’emprise dès que la sirène a meuglé, et il est en train de partir. FONCE !

Christ ne se le fait pas dire deux fois, sort un magnum 9mm tout argenté, avec la crosse enroulée de chaînes, de sa ceinture, et se rue dans la salle. De mon côté, j’aide Ghost à évacuer les élèves dans la cour, où on retrouve le personnel encore en fonction à cette heure.

- Ils ne devraient pas trop tarder à se ressaisir… m’assure Ghost. J’ai bien regardé, tous ces élèves n’avaient encore jamais été collés. Ce sont les têtes de classe, qui ont finalement succombé à la masse de travail hier. Ils se remettront vite…

J’acquiesce, soulagée, mais je demande, quand je le vois se frotter les yeux et bailler ostensiblement ;

- Il t’a eu ?
- Un peu, je ne me suis pas trop défendu, pour ne pas éveiller ses soupçons. Tu crois que…

Je me dandine un peu, indécise. Christ a bien précisé qu’on devait évacuer TOUT le monde, nous compris… Mais je suis comme Ghost, je n’aime pas me tourner les pouces quand mon frère affronte un tordu. Bon…

- Reste avec eux, je vais voir.

Je me faufile parmi les collés, les élèves du club théâtre, le personnel enseignant qui encombrent maintenant la cour, et je trotte vers la salle de retenue : déserte. Et, partout, le silence…
J’hésite un cours instant, et traverse la salle, pour me glisser par la porte coupe-feu qui donne sur le petit couloir menant à la salle des profs, et à l’amphi. J’ai à peine fait trois pas que le prof surgit devant moi, les yeux injectés de sang, qui sont beaucoup, beaucoup trop clairs, presque translucides, pour être ceux d’un humain.

- MADY, DEGAGE !

Christ arrive au pas de course, la porte de la salle des profs claquant derrière lui, et percute le vampire de plein fouet, l’envoyant valser contre le mur d’en face. Je m’écarte précipitamment, laissant mon frère parer un uppercut un peu maladroit, mais assez fort pour réduire en bouillie quelques os, je n’en doute pas. Le vampire, ça se voit, est assez tourneboulé d’avoir dû interrompre brutalement son « repas », qui lui a demandé, à la base, une dépense d’énergie minime, que celui-ci aurait dû combler. Il faut en profiter avant qu’il ne reprenne ses esprits, et ne décide de nous vider totalement, pour caler son petit creux et réparer le préjudice. Mais, pas de chance pour lui, mon frère est un rapide. Après un deuxième uppercut paré, il s’accroupit brusquement, et effectue un balayage à la suite duquel le « prof » chute lourdement à terre. Sans plus attendre, Christ pointe son arme sur lui, pendant que son autre main lui colle ses lunettes de soleil sur le nez. A ce geste, je m’empresse de me détourner en me cachant les yeux et, moins d’une seconde après, un grésillement surpuissant se fait entendre – le coup de feu. Je me retourne, rouvre les yeux, pour aviser le vampire, au sol et sans vie. Ses yeux ont fondus, et tout son corps commence à faire de même, se liquéfiant sans laisser de traces. Ce n’est pas gore, juste curieux… Un peu comme si on avait laissé une glace à l’humain au soleil, et qu’elle fondait en accéléré.
Christ soupire, rengaine son arme, et ôte ses lunettes. Se cacher les yeux, ou les protéger, est souvent primordial quand il manie ses armes. D’après ce que je sais, celle qu’il vient d’utiliser envoie des sphères d’énergie négatives pures, des sortes de mini-vortex. Elles ont aspiré, en une milliseconde, toute l’énergie vitale, psychique, voir spirituelle, dont s’est gavé notre pote depuis sa création, le vidant ainsi de l’intégralité de sa substance. Trop cool. Et là, Christabel se tourne vers moi en me fusillant du regard. Moins cool.

- Qu’est-ce qui t’as pris de revenir sur tes pas ?! Il a failli te tomber dessus ! J’ai dû le courser dans tout ce périmètre, il ne fallait PAS intervenir, tu le sais pourtant, bordel !

Si je le laisse trop s’échauffer, ça va ronfler des heures… Je réplique sans scrupules, d’un seul trait :

- Ghost était super inquiet et vu qu’il s’est fait aussi pomper un peu de jus je suis venue à sa place !

Christ arrête de me baffer du regard, qui se radoucit imperceptiblement. Faut pas croire, moi aussi j’ai des armes secrètes !

- Ghost est au courant des risques. La prochaine fois, contente-toi de le rassurer lui, soeurette. Allez, viens.

Le cadavre ayant maintenant entièrement disparu, nous rejoignons ensemble la cour, où nous découvrons sans surprise le directeur, occupé à vociférer que cette fois, il réussira à mettre la main sur les vandales qui s’amusent à déclencher l’alarme, ainsi que la police municipale, tant mieux. Pourquoi tant mieux ? Eh eh, comment croyez-vous qu’SOS Apocalypse puisse exister en toute impunité ? On est un service payant, et on existe aussi dans les pages jaunes sous un descriptif crypté, réservé aux connaisseurs. Les néophytes, eux, ne nous appellent pas, puisque la plupart du temps, ils ne savent pas qu’ils ont affaire au surnaturel. Seul le maire, et quelques gradés de la police sont au courant de notre existence et de notre réelle activité, dans la région tout du moins. C’est eux qui payent, quand les particuliers ne peuvent pas payer, parce qu’ils ne sont tout bonnement pas au courant du grand service qu’on vient de leur rendre ; une grande partie de nos interventions se fait dans l’ombre… Je sais que le maire, ça le fait un peu beaucoup chier de reconnaître notre existence, et d’assurer la circulation du pognon, mais dans la police, ils nous aiment bien. Surtout l’officier Stark, qui est justement là, aujourd’hui. Il ne s’attendait peut-être pas à nous trouver ici, vu que le dirlo l’a appelé en gueulant à propos de « faux incendie » et de « vandales », mais il lui suffit de nous voir pour qu’il comprenne que toute cette pagaille est en réalité une couverture pour un truc plus glauque. Il ira sûrement se payer une bière avec mon frère, à la fin de son service, ça il aime bien, mais ça veut aussi dire qu’il va devoir appeler le maire, et annoncer la note, et ça, il aime moins.
Il faudra aussi trouver une excuse pour la disparition du prof de maths, et vu que personne, dans ce bahut, ne connaît notre vrai rôle, ce n’est pas nous qui allons nous en occuper, tant mieux. C’est quand même fou, à quel point ils ne font pas long feu, ici !








Quand je vous disais qu’elle était resté dans les annales, celle-là ; intervenir au bahut, ça me fait toujours marrer, et après coup, Ombeline était ravie de ne plus avoir de cours de maths pendant deux semaines. Elle était pas bien méchante, cette mission-là, je vous l’accorde, mais au moins, ça vous donne un aperçu de notre fine équipe.
Pis bon, c’était quand même bien sympa, j’ai eu le temps de finir la Ligue Pokémon, quand j’étais perchée au-dessus des WC !











_________________


[At Home]  - [Page Facebook] - FlickR
Commission Maquillage • L'Artelier,le blog (02/12)

However,it doesn't matter how strong is your love...The deads have to stay dead...
Revenir en haut Aller en bas
http://none-can-die.blogspot.fr/?zx=5d403934fa6a764a
Ladicius
~ Reine des Banquets de Nains ~
avatar

Messages : 2371
Date d'inscription : 18/07/2012
Age : 25
Localisation : Angoulême (16)

MessageSujet: Re: [SOS Apocalypse] • Teaser • Bas de page   Sam 28 Juil - 4:09



Et ça arrive !
Merci à tous pour vos retours Wink





• Teaser •






Je devais attendre que la demoiselle ait enfin son faceup,mais vu que je la trouve déjà incroyablement dans le rôle comme ça,même avec le makeup de la compagnie,je n'ai pas résisté ♥
Le fait qu'elle m'ait manqué,et que je retrouve mon Olympus chéri après deux semaines,n'a bien sûr riiiiien à voir.











Voici donc...Madoka ! L'adorable pestouille montée sur ressort.
Makeup,et photos,très bientôt !

Au passage : la suite de l'histoire continue ici !

Toutes les deux semaines,n'oubliez pas,avec la date de la dernière update indiquée dans ma signature,à côté du lien du blog \o/







_________________


[At Home]  - [Page Facebook] - FlickR
Commission Maquillage • L'Artelier,le blog (02/12)

However,it doesn't matter how strong is your love...The deads have to stay dead...
Revenir en haut Aller en bas
http://none-can-die.blogspot.fr/?zx=5d403934fa6a764a
Junjun
Disciple
Disciple
avatar

Messages : 165
Date d'inscription : 24/07/2012
Age : 25
Localisation : Sur la lune ohwi *^* ! ( Albi 81)

MessageSujet: Re: [SOS Apocalypse] • Teaser • Bas de page   Sam 28 Juil - 12:57

Wawou elle est trop cool comme ça !
Elle a un gros air je m'en foutiste quand même mais c'est ça qui est bon Razz

Je veux des mains articulées aussi >< !
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [SOS Apocalypse] • Teaser • Bas de page   

Revenir en haut Aller en bas
 
[SOS Apocalypse] • Teaser • Bas de page
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Avis à celles qui ont la cuttlebug!!! MAJ page 4 le 12-03
» Tuto n°4 bis : faire une page de digiscrap
» [RESOLU] Forcer "My location" à une position (pour météo en page d'accueil)
» Flux mms:// de BluewinTV visionage de TV sur une page HTML
» Elle est arrivée: Formula TEN HPI photo en vrac bas de page 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Mechanical Elixirs :: Créatures Mécaniques :: Vos Photostories-
Sauter vers: